Jeanne de Montesquiou est orpheline à l'âge de six ans. Son oncle et sa tante l'accueillent chez eux dans le Sud de la France, à Auch. Sa tante l'aime comme sa propre fille mais les relations sont plus difficiles avec son oncle et ses cousins. Or, avant de mourir, la mère de Jeanne avait fait jurer à sa sœur d'établir la jeune fille à la Maison royale d'éducation de Saint-Cyr. Jeanne parvient à y entrer et noue une véritable amitié avec Louise.
Pourtant, un jour, l'oncle de Jeanne vient la chercher, soit disant pour veiller sur son épouse, malade. Petit à petit, Jeanne apprend qu'il cherche seulement à la dépouiller de sa fortune. Lui et sa femme se sont installés dans la maison des parents de Jeanne. Cette dernière en profite pour rechercher des objets ayant appartenu à ses parents et découvre un carnet écrit par sa mère qui révèle les véritables circonstances de sa naissance.
Avant de percer ce mystère, Jeanne quitte discrètement la maison, quelques jours après le décès de sa tante. Elle réussit à se faire engager chez un parfumeur de Montpellier, elle qui est tant passionnée par les plantes, les fleurs, les parfums.
Citations - De quelle maladie souffre ma tante ?
- Est-ce que je sais ? Les médecins eux-mêmes ne parviennent pas à se mettre d'accord.
- J'espère que ma présence lui apportera un peu de réconfort.
- La surprise de vous voir lui sera peut-être bénéfique... à moins que ce ne soit le contraire.
Cette fois, c'est moi qui le dévisageai avec étonnement :
- Comment ? N'est-ce que point elle qui a sollicité ma venue à son chevet ?
- Non. Elle voulait rester fidèle à sa parole en vous laissant à Saint-Cyr jusqu'à vos vingt ans.
- Mais alors... pourquoi...
- Je ne voulais point qu'elle meure sans vous revoir, m'assura-t-il.
Sa voix sonnait faux.
Pour rompre le discours, il leva le mantelet de cuir et s'absorba dans la contemplation du paysage. Visiblement mes questions l'agaçaient.
L'avis d'Histoire d'en lire
Ce onzième tome de la série Les Colombes du Roi-Soleil est consacré à Jeanne de Montesquiou, une jeune fille très discrète, amie de Louise, mais malheureusement très vite partie elle aussi de Saint-Cyr.
Ce roman est écrit en deux parties : la première décrit la vie de Jeanne, de la mort de sa mère (elle a alors six ans), à la découverte du mystère qui entoure sa naissance après avoir lu le carnet écrit par cette dernière.
La seconde partie débute avec sa fuite de chez son oncle et sa tante.
À la fin, Jeanne a dix-huit ans, de nombreuses années se sont donc écoulées.
Pendant ce temps, elle évolue beaucoup, bien malgré elle, puisqu'elle se retrouve confrontée à des situations qui l'obligent à faire face courageusement.
Le mystère autour de sa naissance est bien gardé, l'autrice garde le suspense le plus longtemps possible avant qu'on ne comprenne le dénouement de l'histoire.
Comme tout volume de cette série, un aspect du règne de Louis XIV ou de la vie à cette époque est mis en avant. Ici, il s'agit de l'art de la parfumerie.
Jeanne se découvre une véritable passion pour les plantes, les senteurs, elle souhaite donc en faire son métier. Or, c'est réservé aux hommes et de plus, une fille de sa condition n'a pas à travailler !
Ce roman n'est pas sans nous rappeler celui d'Annie Pietri, Les Orangers de Versailles dans lequel l'héroïne a aussi un don rare pour la confection de parfums pour Madame de Montespan.
Ici, Jeanne travaille pour des parfumeurs qui fournissent également la famille royale et des personnes qui leur sont proches.
Une thématique qui s'éloigne du contexte politique de l'époque mais qui reste très intéressante, ciblant une corporation bien particulière et l'organisation du travail à cette période.