Menî, jeune homme de quatorze ans est le fils du roi Antaref, de Haute-Égypte. Son destin est donc de lui succéder sur le trône.
Pour l'instant, il se préoccupe plus de ses animaux domestiques et sait à peine tirer à l'arc.
Antaref lui fixe alors un ultimatum. Menî ne pourra revenir au royaume qu'après avoir accompli trois exploits pour prouver qu'il peut être roi. Lors de ce périple, il fait la connaissance de Thouyi, une jeune voleuse, qui refuse de croire que Menî est bien le fils du roi.
Citations - Mon vrai nom est Ménès, reprit-il sur un ton plus ferme, mais on m'a toujours appelé Menî. Mon père voudrait que je lui succède sous le nom de Ménès-Narmer le Grand, acheva-t-il en se gonflant d'importance.
- Trois noms pour ta petite tête, c'est lourd à porter, non ?... Tu dis que ton père...
- Est roi ! claqua Menî avec un méchant sourire.
Il crut qu'il l'avait mouchée, qu'elle allait se traîner à ses pieds pour quémander son indulgence, son pardon, sa grâce... Il tendit l'oreille, l'entendit se sucer les doigts. Consciencieusement. Passant de l'un à l'autre avec une application minutieuse, un soin attentif et délicat, n'oubliant ni l'ongle ni la paume où le jus du fruit avait coulé. Menî eut un hoquet de stupéfaction.
- Tu ne me crois pas ? couina-t-il d'une voix grimpée au fausset.
- Tu es peut-être le fils du douzième cousin du dernier courtisan, admit-elle. Ta mèche et tes mains ne sont pas celles du peuple, mais de là à te hausser ne serait-ce qu'au rang de fils de chef des cuisines..." p. 31
L'avis d'Histoire d'en lire
L’Œil d'Horus ouvre la trilogie Ménès, premier pharaon d'Égypte. Alain Surget remonte au temps du tout premier pharaon, soit il y a 3000 ans avant notre ère.
Roman initiatique, roman d'aventure, roman historique L’Œil d'Horus est très certainement le roman le plus connu d'Alain Surget.
Et l'auteur a opté pour un mélange des genres. De roman historique, il devient très vite un roman initiatique et d'apprentissage. Les lecteurs et lectrices vont suivre le tout jeune Menî, contraint par son père, le roi Antaref, de quitter le palais et de n'en revenir que lorsqu'il aura accompli trois exploits.
Après la description que l'auteur fait de ce personnage principal dans tous les premiers chapitres, on s'imagine mal qu'il puisse réussir un tel défi.
Alain Surget décrit l'Égypte ancienne et l'on suit Menî, parti de Nekhen et descendre le Nil en direction de la Basse Égypte. Il rencontre différents peuples et découvre la vision qu'ont les habitants de leur roi, qui leur semble bien éloigné de leurs préoccupations quotidiennes.
Mais Alain Surget introduit, dès le début du roman, un second personnage, qui va faire route avec Menî : Thouyi. La jeune fille vit dans la rue de ses rapines. Très souvent poursuivie par les gardes, il faut bien de trouver de quoi survivre. C'est lors d'une fuite qu'elle atterrit dans le Nil et fait la connaissance de Menî qui navigue sur sa bachole. Les deux enfants sont de conditions et de caractères totalement opposés mais c'est ce qui va permettre de former un duo prêt à relever tous les dangers.
Thouyi est magicienne et elle va mettre ses talents au service de Menî. Mais le jeune prince saura-t-il reconnaître à sa juste valeur cette aide si précieuse ?
Au cœur de la mythologie égyptienne Alain Surget évoque un pan important de la mythologie égyptienne : les dieux et les croyances qui y sont associées.
Pour réaliser ses trois exploits, Menî va se confronter à trois dieux ou déesses, Sobek, Sekhmet et Horus.
Seule la magie sera un recours contre eux.
Cette aventure teintée de fantastique est une formidable ouverture à la civilisation égyptienne.