Jeanne de Montesquiou est orpheline à l'âge de 6 ans. Ce sont alors son oncle et sa tante qui l'accueillent chez eux dans le Sud de la France, à Auch. Sa tante l'aime comme sa propre fille mais les relations sont plus difficiles avec son oncle et ses cousins. Or, avant de mourir, la mère de Jeanne avait fait jurer à sa sœur d'établir la jeune fille à la Maison royale d'éducation de Saint-Cyr. Jeanne y entre donc et noue une véritable amitié avec Louise. Pourtant, un jour, l'oncle de Jeanne vient la chercher, prétextant que son épouse a absolument besoin de la jeune fille pour veiller sur elle alors que sa santé décline rapidement. Petit à petit, Jeanne apprend que son oncle cherche seulement à la dépouiller de sa fortune. Et pour commencer, lui et sa femme se sont installés dans la maison des parents de Jeanne. Elle en profite alors pour rechercher des objets ayant appartenu à ses parents et découvre un carnet écrit par sa mère qui révèle les véritables circonstances de sa naissance.
Avant de percer complètement ce mystère, Jeanne quitte discrètement la maison, peu de temps après le décès de sa tante. Elle réussit à se faire engager chez un parfumeur de Montpellier, elle qui est tant passionnée par les plantes, les fleurs, les parfums.
L'avis d'Histoire d'en lire
Ce onzième tome de la série Les Colombes du Roi-Soleil est donc consacré à Jeanne de Montesquiou. C'est une jeune fille très discrète, qui a été amie avec Louise, malheureusement très vite partie elle aussi de Saint-Cyr.
Ce volume est écrit en deux parties : la première relate la vie de Jeanne de la mort de sa mère, elle a alors 6 ans, à la découverte du mystère qui entoure sa naissance après avoir lu le carnet écrit par sa mère. La seconde partie débute avec sa fuite de chez son oncle et sa tante. A la fin, Jeanne a 18 ans, de nombreuses années se sont donc écoulées. Pendant ce temps, la jeune fille évolue beaucoup, bien malgré elle puisqu'elle se retrouve confrontée à des situations qui l'obligent à faire face courageusement.
Le mystère autour de sa naissance est bien gardé, l'auteure garde le suspense le plus longtemps possible avant qu'on comprenne le dénouement de l'histoire.
Comme tout volume de cette série, un aspect du règne de Louis XIV ou de la vie à cette époque est mis en avant. Ici, il s'agit de l'art de la parfumerie. Jeanne se découvre une véritable passion pour les plantes, les senteurs, elle souhaite donc en faire son métier. Or, c'est réservé aux hommes et de plus, une fille de sa condition n'a pas à travailler ! Mais sa persévérance finit par payer. Ce roman nous rappelle celui d'Annie Pietri, Les Orangers de Versailles dans lequel l'héroïne a aussi un don rare pour la confection de parfums pour Madame de Montespan. Ici, Jeanne travaille pour des parfumeurs qui fournissent également la famille royale et des personnes qui leur sont proches.
Une thématique qui s'éloigne du contexte politique de l'époque mais qui reste très intéressante, ciblant une corporation bien particulière et l'organisation du travail à cette période.