Adélaïde de Pélissier est issue d'une famille noble mais son père a perdu toute sa fortune en finançant la levée d'armées pour le roi Louis XIV. La famille n'a donc plus de quoi placer correctement leurs filles, Adélaïde et Marie-Cécile. Pour la première, une solution est tout de même possible. Le jeune Gabriel Ruault de la Bonnerie accepte d'épouser Adélaïde quand celle-ci aura 20 ans, à sa sortie de la Maison royale d'éducation, avec la dot offerte par le Roi. Car, en effet, le père d'Adélaïde lui obtient une place dans cette maison. C'est pourtant le cœur lourd que la jeune fille quitte sa famille pour entrer dans ce pensionnat dont les règles sont proches du couvent. Un jour, alors qu'elle est de sortie avec ses camarades pour aller jouer une pièce de théâtre à Versailles, elle rencontre Gabriel. Adélaïde était finalement heureuse d'être promise à ce beau jeune mais jusqu'à présent, celui-ci n'avait rien manifesté à son égard. C'est à cette occasion qu'il tente de faire connaître ses sentiments en transmettant un billet à Adélaïde. Malheureusement, une maîtresse de l'école s'en aperçoit et Adélaïde est purement renvoyée de Saint-Cyr, car le règlement interdit formellement d'accepter des billets de gentilshommes ! Il ne reste qu'une solution : que Gabriel épouse tout de suite Adélaïde, bien qu'elle n'ait pas de dot, pour réparer sa faute. Les noces se préparent avec beaucoup de joie.
Pendant ce temps, Aniaba, prince d'Assinie a été convaincu de venir en France pour s'allier avec le Roi de France. Ses débuts en France sont difficiles car étant noir, il est tout de suite pris pour un esclave, un domestique. Il finit tout de même par recouvrer son rang de prince et à rencontrer Louis le Grand. Un soir, Gabriel, qui est son ami, tue un proche du Roi qui avait osé manquer de respect à Aniaba. Les duels sont interdits. Le Roi le chasse du royaume, la veille de son mariage avec Adélaïde. La jeune fille est déprimée.
L'avis d'Histoire d'en lire
Déjà un 10ème tome pour Les Colombes du Roi-Soleil et celui que nous avons le plus apprécié ! Un récit beaucoup plus détaillé que les précédents avec ici Adélaïde de Pélissier. En fait, son temps passé à Saint-Cyr est très restreint par rapport à ses camarades puisqu'elle en est exclue par la faute de son propre fiancé et du coup, sa vie à côté de la Maison d'éducation occupe une plus grande place et est faite de nombreux rebondissements. D'une certaine manière, on apprécie justement de sortir si vite de la vie à Saint-Cyr. On l'a déjà connue avec tous les précédents tomes et c'est un choix très judicieux d'Anne-Marie Desplat-Duc d'avoir déplacé ainsi le cadre principal du récit.
Il y a aussi toute la première partie du roman qui est consacrée au prince Aniaba. L'auteure nous fait suivre sa destinée de sa rencontre avec les Français en Assinie à sa proximité avec le roi Louis XIV. C'est d'ailleurs nouveau qu'un tome soit divisé en plusieurs parties, ici, il y en a 3. Cela contribue justement à donner plus de consistance au récit et du coup, à le rendre encore plus intéressant que les précédents.
Adélaïde est une jeune fille bien élevée et qui alterne entre bonnes nouvelles et déceptions. Elle est naturelle et d'une grande sincérité, aussi espère-t-on jusqu'à la fin que les choses s'arrangent au mieux pour elle.