Bel Air – Lionel SALAÜN

bel air lionel salaun

Bel-Air

Samuel SALAÜN

Editeur : Liana LEVI

Année : 2013

Genre : Roman

 

Résumé

Dans les années 1950, dans un quartier populaire d’une ville moyenne, le bistro le Bel-Air est le point de rendez-vous des ouvriers, commerçants de la Cité. C’est là que se retrouvent aussi une bande d’adolescents comme Franck et Gérard, ce dernier étant le fils du tenancier. Une solide amitié les unit, jusqu’à ce que les prémices de la guerre d’Algérie viennent la briser. Gérard fait preuve d’un racisme farouche. Il est fasciné par les armes, les paras. Franck lui n’a aucun goût pour cette violence, il ne reconnaît plus son ami, il n’a rien contre les Arabes non plus.

Les années passent. A la mort de son père, Gérard reprend le Bel-Air et entend bien le rajeunir pour attirer les jeunes de la Cité et même de plus loin ; c’est un succès rapide. Il aurait besoin de quelqu’un pour le seconder, propose l’idée à Franck mais plus rien n’est comme avant.

Un soir de 14 juillet, Franck tombe amoureux de Cathy, une fille d’un directeur de magasin. Lui peinant à trouver un travail n’a pas le profil pour épouser une fille de si bonne famille. Pourtant, tout deux parviennent à vivre secrètement une belle histoire d’amour. Jusqu’à l’annonce pour Franck de son départ imminent pour l’Algérie, sous les drapeaux français. Mais il est décidé : il désertera !

 

Mon avis

Dans son roman, Lionel Salaün ne situe pas précisément le quartier Bel-Air. C’est un quartier populaire, sans doute d’une ville moyenne. La vie y est morne et très routinière, jusqu’à ce que l’Algérie fasse parler d’elle. Là, les esprits commencent à s’échauffer, les quelques travailleurs algériens qui travaillent à proximité souffrent d’un racisme ordinaire.

L’auteur décrit une atmosphère sociale assez grise. Mais tout cela ne sert que de décor pour s’attarder essentiellement sur les caractères des personnages, les sentiments qu’il y a entre eux, de l’amitié à la trahison, en passant par l’amour vécu par de tout jeunes adultes.

Le narrateur Franck nous donne cette leçon de vie, d’après ce qu’il a lui-même vécu et ressenti au cœur de Bel-Air. C’est un garçon qui se cherche beaucoup mais qui ne déroge pas de ses valeurs. Il est très observateur, tout en étant discret. Et l’histoire tourne au polar quand il imagine un plan pour échapper à la mobilisation en Algérie. Cette fin est complètement inattendue !

Sorti de prison, 20 ans plus tard, il revient au Bel-Air pour demander des comptes. La boucle est bouclée, c’est ainsi qu’avait débuté le roman.

L’écriture reste simple mais incisive. Par ce style, on ressent bien les différents sentiments des personnages et l’atmosphère décrite. C’est subtil et captivant.

Les Six naïades – Laurent CORRE

les six naïades

Les Six naïades

Laurent Corre

Editeur : Editions du Caïman

Année : 2012

Genre : Polar

 

Résumé

Le commissaire lyonnais Marling et le journaliste Frédéric Brawner se rendent à Lille pour enquêter sur la mort d’Edouard Feldmann, tué par Emmanuel Tardy qui s’est lui-même suicidé après. Tout deux avaient 80 ans.

Les enquêteurs commencent par s’intéresser à un groupuscule néo-nazi, le SGT, présidé par Adrien Kampf. Mais ce dernier assure ne pas être lié à l’affaire. En visitant la maison de Tardy, Brawner observe avec attention les tableaux qu’avaient peint le vieil homme. L’un d’entre eux apparaît même comme une véritable œuvre d’art, il est intitulé « Six naïades ». Et dans la cadre, les deux hommes retrouvent six cartes Holerith, cartes perforées utilisées par les Nazis pour organiser leur élimination des Juifs. Qui était donc vraiment cet Emmanuel Tardy ? Lui devenu si replié sur lui les dernières années de sa vie.

 

Mon avis

Le duo Marling-Brawner se reforme pour comprendre cette fois-ci le mobile d’un crime. La victime et son tueur sont morts mais le mystère reste entier quant aux motivations d’Emmanuel Tardy. Surtout à un âge si avancé ! Les années ont beau s’écouler, le passé peut rester très douloureux. Les enquêteurs vont devoir s’intéresser à la Seconde Guerre mondiale. Cette période si sombre de l’Histoire et encore si proche de nous va révéler bien des choses horribles. Comme tout bon polar qui se respecte, l’enquête est très ouverte et est menée rondement pour toujours tenir le lecteur en haleine. Plusieurs pistes sont explorées, il est évident que l’auteur ne va pas nous mener tout de suite sur la bonne. Il faut laisser planer le suspense autant que possible, sans toutefois lasser le lecteur et l’amener à la résolution de l’énigme avec beaucoup de surprise.

Patients – GRAND CORPS MALADE

patients

Patients

Grand Corps Malade

Editeur : Don Quichotte

Année : 2012

Genre : Récit de vie

 

Résumé

Fabien Marsaud que nous connaissons mieux sous son nom de scène Grand Corps Malade se livre sur une période de sa vie. A l’âge de 20 ans, il fait un plongean trop à pic dans une piscine pas assez remplie et se fracture une vertèbre cervicale. Direction les urgences, les médecins annoncent à ses parents qu’il ne remarchera sans doute jamais. Fabien est déclaré « tétraplégique incomplet ». Vient ensuite la longue période de rééducation pendant laquelle le jeune homme fait la connaissance de bien d’autres patients handicapés.

 

Mon avis

Comme le dit Fabien dans son propre texte, « C’est jamais inintéressant de prendre une bonne claque sur ses propres idées reçues », et là pour le coup, on en prend une grosse et c’est même bienvenu ! Ce roman, c’est tout le style poétique et le slam qu’on connaît de Grand Corps Malade. Il va au coeur des choses, très directement avec une justesse incroyable. Voilà comment Fabien est devenu ce Grand Corps Malade à tout juste 20 ans, un âge auquel s’ouvre l’avenir. Et là, l’accident. De manière très pudique, il raconte ce qu’il a vécu. Les soins en urgence et surtout sa longue période de rééducation dans un centre où il fait de nombreuses rencontres. On découvre le quotidien des handicapés dans un centre comme celui-là, les soins, les équipes soignantes, l’organisation des journées. Des liens sincères se créent entre Fabien et d’autres patients.

Après avoir lu, on revient complètement sur nos idées reçues et on voit les handicapés bien différemment. Un tel sujet nous permet de recentrer nos préoccupations et de relativer sur la vie. A lire absolument !

No et moi – Delphine DE VIGAN

no et moi

No et moi

Delphine DE VIGAN

Editeur : JC Lattès

Année : 2007

Genre : Roman de société

 

Résumé

Lou Bertignac a 13 ans, elle est en classe de seconde au lycée. Avec son QI de 160, elle a sauté deux classes mais elle a insisté auprès de ses parents pour retrouver une scolarité auprès d’élèves « normaux ». Monsieur Marin, son professeur de Sciences économiques et sociales, demande à chacun de choisir un sujet d’exposé. Lou annonce qu’elle fera un travail sur les SDF, et notamment sur les femmes qui vivent dans la rue.  Lou se rend souvent à la gare d’Austerlitz pour observer les gens. C’est là qu’elle rencontre No, diminutif de Nolween, une jeune fille de 18 ans qui vit dans la rue.  Lou apprend à la connaître, à comprendre son environnement. Mais Lou ne se contente pas d’observer, elle veut faire bouger les choses. Alors elle convainc ses parents d’accueillir No sur leur toit pour lui redonner un abri, une vie normale, un travail, voire même une famille. Une amitié hors du commun naît entre No et Lou.

 

Mon avis

No et moi est le premier roman que je lis de Delphine DE VIGAN. Voilà longtemps que je voulais découvrir cette auteure dont on entend tant parler, c’est chose faite et j’ai passé un excellent moment de lecture. Et j’ai précisément choisi d’abord ce titre parce que j’ai vu le film auparavant. Je suis déjà profondément touchée par la misère qui règne dans notre pays, le film m’a énormément plu, je voulais absolument connaître le récit original.

A travers les yeux d’une jeune fille surdouée, Lou, Delphine DE VIGAN explore des sujets difficiles, douloureux : l’enfant qui ne reçoit pas l’amour de sa mère et qui est issu d’un viol (Nolween), l’exclusion, la vie ou plutôt la survie dans la rue, la perte d’un enfant (pour la famille de Lou), la dépression qui s’en suit. Tous ces thèmes sont lourds à traiter mais justement, la plume de Delphine DE VIGAN est légère et c’est son personnage de Lou qui contribue grandement à cette légèreté. Il n’est pas question de dramatiser les choses mais bien plutôt de les bouger pour que cela change ! Du haut de ses 13 ans, voilà ce que Lou entreprend. Elle insuffle de la vie à No, elle se bat à ses côtés, aidée par Lucas, son camarade de classe. C’est impossible de rester indifférent à ce roman. On se demande pourquoi nous ne faisons pas cela nous aussi, ceux qui le pouvons. Il s’agit d’une véritable prise de conscience sur la misère sociale qui nous entoure.

Quatrième chronique du règne de Nicolas Ier – Patrick Rambaud

quatrième chronique du règne de nicolas Ier

Quatrième chronique du règne de Nicolas Ier

Patrick RAMBAUD

Editeur : Grasset

Année : 2011

Genre : Roman

 

Résumé

De l’été 2009 à l’été 2010, de nombreux évènements ont lieu dans la vie politique et sociale française : l’affaire Clearstream, la grippe H1N1, Jean Sarkozy à l’EPAD, l’affaire Bettancourt…

 

Mon avis

Ce quatrième opus s’inscrit parfaitement dans la lignée des précédents. Patrick Rambaud continue d’explorer la présidence de Nicolas Sarkozy pour la quatrième année consécutive. Avec son ton toujours aussi acerbe, il n’oublie aucun évènement d’importance ayant marqué l’année 2009-2010. Chacun est l’occasion de mettre en avant les incohérences, les mensonges, les revirements du gouvernement Fillon et du président. Même si l’ironie est de mise, ces textes nous font prendre conscience de la réalité de notre société actuelle.

Le Héron de Guernica – Antoine CHOPLIN

le heron de guernica

Le Héron de Guernica – Antoine CHOPLIN

Editeur : Le Rouergue

Collection : La brune

Année : 2011

Genre : Historique

 

Résumé

Basilio est un jeune peintre qui passe son temps à peindre des hérons cendrés. Il vit à Guernica, en 1937. C’est la guerre mais il ne semble pas s’en soucier en apparence. Bien qu’un peu simplet, il sait voir les êtres et les choses à leur juste valeur. Quand les bombardiers attaquent la ville, il est chargé de les photographier pour témoigner ensuite de ce qu’il se sera passé. Mais en fin observateur, Basilio sait que ce n’est pas forcément ce type d’images qui sera le plus révélateur de la situation.

Dans le même temps, un autre peintre, plus célèbre celui-là, rend compte avec force du chaos qui règne à Guernica.

 

Mon avis

Avec ce roman Le Héron de Guernica, je découvre un auteur, Antoine Choplin. J’ai été réellement touchée par cette écriture délicate qui transmet énormément avec peu de mots.  Elle est à l’image du personnage principal, Basilio : un jeune homme simple, naïf, passionné par la peinture et les hérons. On ressent pleinement sa douleur et sa détresse pendant les bombardements sur Guernica. Bien qu’il soit peintre, c’est par la photographie qu’il est chargé de capter des images de ce qu’il se passe pour témoigner. Et là on remarque toute sa sensibilité d’artiste. Qu’il tienne un pinceau ou un appareil photographique, Basilio sait saisir ce qui est primordial. C’est ce qui le rapproche de Picasso qui a laissé cette célèbre toile Guernica. Tout deux sont ensemble à la fin du roman à admirer ce tableau. Deux univers, deux personnalités différentes mais qui savent utiliser tout leur talent pour témoigner à travers l’art.

L’art et l’histoire sont intimement liés tout au long du livre. Pour autant, le contexte historique ne prend jamais le dessus. Il est présent, sans trop de détails mais cela se suffit quand même. Et justement le style de l’auteur fait qu’on apprécie cette légèreté des descriptions.

Roman pour adultes, cet ouvrage est tout à fait accessible à des adolescents, fin de collège et lycée, notamment pour sa thématique historique.