Après avoir accompli les trois exploits que lui avait demandés son père, le roi d’Égypte Antaref, Menî est revenu chez lui. Thouyi l'hirondelle a, quant à elle, repris ses courses folles à travers la ville dérobant ici un pain, là une oie rôtie bien dorée. Les commerçants et les gardes du palais ne cessent de la poursuivre, en vain. Un jour, les gardes parviennent enfin à l'attraper et la conduisent au prince Menî. Le garçon désirait ardemment revoir son amie pour l'associer à la fête qui sera donnée en son honneur et qui lui permettra d'accéder au monde des adultes.
Thouyi se prépare à accompagner Menî mais les autres jeunes filles de la cour la jalousent ouvertement. Une voleuse n'a nullement sa place aux côtés du prince !
Lors du banquet, le roi Antaref reçoit la visite d'un ambassadeur du roi de Bouto et l'accepte à sa table. Mais alors que l'homme lève son verre en l'honneur du futur roi Ménès, il est tué d'une flèche en pleine gorge. Qui a intérêt à ce qu'une guerre soit déclarée entre les deux parties de l’Égypte ?
Citations "Passé l'instant de surprise, elle revient sur les gardes, flanqua à chacun d'eux un bon coup de pied dans le tibia, se sauva vers la porte, la franchit et la claqua derrière elle. Les deux hommes grognèrent mais n'osèrent pas pénétrer dans la pièce.
Le bruit de son entrée amena le silence, les têtes se tournèrent. Des hommes au crâne rasé étaient assis en tailleur, en demi-cercle autour d'un adolescent. Chacun tenait sur ses genoux une planchette enduite de stuc et s'appliquait à dessiner les hiéroglyphes que leur enseignait Menî. Ce dernier se leva, le visage rayonnant.
- Thouyi ! s'exclama-t-il. Cela fait trois semaines que je te fais chercher ! Viens, approche !
Comme elle ne bougeait pas, il vint la prendre par la main. L'un des hommes se leva brusquement et, d'un air sévère, déclara :
- Un fils de roi ne touche pas une fille du peuple !
- Un fils de roi fait ce qu'il veut ! riposta Menî d'un ton cassant."
L'avis d'Histoire d'en lire
Après son retour victorieux des trois exploits qu'il devait accomplir, Menî n'aurait jamais du revoir, ni même se souvenir de Thouyi. Mais le destin en a décidé autrement et le jeune prince s'est sérieusement entiché de la jolie voleuse. Évidemment, ce duo atypique va semer la zizanie au sein de la famille royale et surtout, des jeunes prétendantes qui veulent épouser Menî et monter sur le trône lorsque celui-ci deviendra roi.
Alain Surget décrit la fête organisée par le roi Antaref, afin de célébrer la victoire de son fils unique et son passage à la vie d'adulte. Menî saisit l'occasion de cette célébration pour présenter à la cour Thouyi, qui lui a été d'une aide précieuse.
Le récit montre la transformation de la jeune fille, parée comme une véritable princesse, et qui en regrette tout de suite la liberté perdue.
L'organisation de la fête, les préparatifs des uns et des autres, la cérémonie, le festin, sont longuement et minutieusement décrits, à tel point qu'on s'y croirait.
Mais il faut attendre tout de même la moitié du roman pour qu'un événement dramatique vienne perturber ces festivités. De là, le récit prendre un rythme un peu plus prenant. Et un nouveau rebondissement intervient, avec la mort d'Antaref ! Plus que dans le monde des adultes, Menî entre pour de bon dans son rôle de futur roi.
C'est donc une double enquête que les lectrices et lecteurs sont amenés à suivre, la première pour élucider le meurtre de l'ambassadeur de Bouto, la seconde pour déterminer le coupable de l'empoisonnement du roi Antaref.
Le roman se termine sur une vraie note de suspense.