Le Sourire du diable

Période historique : XXè siècle Période historique Le Sourire du diable La Seconde Guerre mondiale

Type de document : Roman

Auteur : GUILBERT Nancy

Editeur : Oskar

Année d'édition : 2018

A partir de 12 ans.

ISBN : 979-10-214-0646-9

Prix : 14,95 €

Le Sourire du diable
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Résumé

Louise Duval, 15 ans, vit à Fontainebleau. En 1959, elle commence à recevoir des lettres en provenance d'Allemagne, écrites par un certain Wolfgang Gerschert qui semble connaître un peu la jeune fille, du moins son histoire. Louise est désemparée par cette correspondance. Ses relations avec sa mère Rose sont froides, cette dernière dit même de sa fille qu'elle a "le sourire du diable". Pourquoi ne l'a-t-elle jamais aimé comme ses deux frères ? S'armant de courage, Louise tente de demander des explications à sa mère sur ce passé qu'elle a toujours voulu enfouir.

L'avis d'Histoire d'en lire

Avis Le Sourire du diable
Le roman Le Sourire du diable évoque trois périodes différentes : 1959-1960, les années d'Occupation allemande en France et bien plus tard, 1989. Mais c'est bien la période de l'Occupation qui est au cœur de ce roman et dont découlent les autres parties.

Partant de l'année 1959, Nancy Guilbert imagine une correspondance entre Louise Duval, une adolescente française et Wolfgang Gerschert, un jeune homme allemand. Tout de suite, Wolfgang met le doigt sur quelque chose qui est un mystère pour Louise, elle qui n'a pas connaissance de son passé et qui vit avec les reproches permanents de sa mère. Pour toute explication, sa mère Rose lui laisse son journal intime écrit en 1943, au moment de l'Occupation allemande. En le lisant, Louise ne peut plus reculer devant l'indicible.

Louise est une enfant de la guerre ou enfant de la Wehrmacht. Selon les historiens, environ 200 000 enfants seraient nés en France d'une mère française et d'un père allemand, parfois fruits d'une union désirée, parfois d'un viol. Un sujet encore douloureux et toujours difficile à aborder. Nancy Guilbert le fait ici avec force mais sans jugement. Des horreurs ont été perpétrées de part et d'autre. Et l'autrice va encore plus loin. Elle parle de l'après, de ce passé qui est gardé sous silence pour l'enfant, et même les petits-enfants ! Grandir dans le secret de ses origines empêche de se construire et crée une distance avec ses propres parents. En livrant ainsi cette histoire familiale et le secret qui l'entoure, Nancy Guilbert invite le lecteur à se faire sa propre opinion, à tenter de comprendre chaque partie, parce que chacun.e a des raisons valables d'avoir agi comme il/elle l'a fait, même si les conséquences ont été celles qu'on connaît. En toute fin de livre, les paroles de la chanson Né en 17 à Leidenstadt de Jean-Jacques Goldman est une belle conclusion sur ce passé si douloureux.

Écrit en sept parties, ce roman fait intervenir tous les personnages principaux de cette histoire : Louise bien sûr, sa mère Rose, Nina la fille de Louise et petite-fille de Rose (1989), Friedrich le soldat allemand qui est tombée amoureux de Rose en 1943, Marie la sœur de Rose et Renée la meilleure amie de Rose. Par ce qu'il/elle sait, ce qu'il/elle a vécu, ce qu'il/elle découvre, chacun.e apporte sa pierre à l'édifice et permet de reconstituer toute l'histoire.

Un roman poignant et rare sur ce sujet des enfants de la guerre, et qui pourrait se transposer à tous les conflits du monde.

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