Dans l'Oklahoma, aux États-Unis, au début des années 1930.
June Flanagan, dix-sept ans, a fui l'Arkansas où elle a grandi, après avoir été témoin de l'assassinat de son père. C'est ainsi qu'elle a appris qu'il appartenait à la mafia irlandaise.
June trouve refuge auprès de Rose, la gérante d'un diner. Mais un mafieux a retrouvé la trace de June. Rose envoie alors la jeune fille auprès de son frère John Frazer, fermier à Forest City.
June découvre de vastes plaines recouvertes de champs de blé et souffrant de la sécheresse et du vent parfois très violent.
Citations Me voilà arrivée à Forest City qui porte très mal son nom ! À croire que les habitants l'ont appelée ainsi par désespoir ! Il n'y a aucune forêt ici, quasiment pas d'arbre, pas une montagne, ni même une colline ! Autour de moi et dans n'importe quelle direction, la terre s'étend à l'fini jusqu'à rejoindre l'horizon. Le ciel est tout aussi immense, d'un bleu presque inhumain qui n'accueille pas même un nuage. Mon seul repère dans cette immensité, c'est ce fichu soleil qui est enfin en train de se coucher à l'ouest. Grâce à lui, je peux encore croire que je me trouve sur terre, plus précisément devant la ferme du frère de Rose. Enfermée dans ma voiture et sans aucune idée de ce qui m'attend ni de ce que je vais faire de ma peau ! Car M. John Frazer a décidé qu'il ne voulait pas de moi ! Il tient à sa solitude et à sa réputation ! Mais alors, pourquoi m'avoir envoyée ici Rose ? Pourquoi ? p. 71
L'avis d'Histoire d'en lire
Nathalie Bernard poursuit son exploration de l'histoire contemporaine américaine et de l'histoire des peuples indiens, intimement liées.
Les années 1930 sont marquées par une grave crise économique mondiale, ce à quoi s'ajoute une crise climatique dans l'État de l'Oklahoma.
S'appuyant sur une documentation conséquente et pointue (voir la rubrique "Aller plus loin" en fin de roman), Nathalie Bernard restitue avec finesse le contexte économique, politique et social de cette période.
Des Indiens aux grandes plaines agricoles La Part du vent n'est pas une suite du roman Le Dernier sur la plaine mais il lui fait largement écho.
Les Indiens des plaines de l'Oklahoma ont tous été déplacés vers des réserves. S'en est suivie une course à la terre où les premiers arrivés s'octroyaient les terres qu'ils voulaient.
Des terres qui sont devenues d'immenses champs de blé. John Frazer est l'un de ces fermiers qui pensaient pouvoir vivre de son travail.
Les personnages et les localités sont fictifs mais ils reflètent complètement la réalité des années de crise mondiale. Une crise économique accentuée par une période de sécheresse, appelée le Dust Bowl.
En arrivant à Forest City, June est rapidement témoin des conditions de vie et climatiques difficiles.
Après que John ait fini par accepter la jeune fille auprès de lui, elle n'aura de cesse de l'aider dans ses travaux agricoles et cherchera par tous les moyens à œuvrer pour que les cultures subsistent.
L'histoire d'une résilience
June Flanagan, dix-sept ans, est la narratrice du roman.
Elle raconte la tragédie qui l'amène à fuir l'Arkansas. Son père avait déjà anticipé son départ, tout était prêt. Restait à savoir où aller, seule.
En plus du traumatisme d'avoir été témoin de l'assassinat de son père, June découvre les activités qu'il avait et le danger que cela représente encore pour elle. L'un des mafieux semble bien déterminé à la retrouver, pensant que June doit détenir quelque chose qu'il convoite.
La Part du vent est donc l'histoire d'une fuite, d'une traque mais aussi d'une résilience.
Grâce à sa rencontre avec Rose, puis avec John, June a l'espoir de retrouver une vie plus sereine.
Nathalie Bernard a construit des personnages d'une grande force psychologique, June la première. La jeune fille aurait pourtant toutes les raisons de baisser les bras, mais elle est une battante et parvient à imposer ses choix. Comme la présence à la ferme de James, un Indien, qui l'a sauvée.
On s'attache à chacun et chacune d'entre eux (Rose, John, James).
Porté par des descriptions fines et une atmosphère tendue jusqu'au bout, l'autrice délivre un roman sublime et chargé en émotions.