Le 17 juin 1940, l'Armée rouge entre en Lettonie et annexe le pays. Très vite, les soldats russes sont à Riga et procèdent à de nombreuses arrestations.
Nita, huit ans, et ses parents sont déportés en URSS. Arrivés là-bas, les hommes sont séparés des femmes et des enfants. Nita et sa mère doivent partager une frêle cabane dans le kolkhoze où elles doivent rester. C'est là que Nita rencontre Ivan, qu'elle appelle "son petit frère". Mais les conditions de vie sont terribles dans cet endroit loin de tout, où le froid et la faim menacent chacun et chacune.
Citations "Nous sommes montés dans un train rempli de gens assis par terre ou sur leurs valises. Cela sentait si mauvais dans le wagon !
J'ai vu des gens en chemise de nuit, une dame avec une belle robe de soie verte et des escarpins verts assortis ; beaucoup portaient comme nous plusieurs couches de vêtements et paraissaient bien gros." p. 26
L'avis d'Histoire d'en lire
L'histoire de la Lettonie pendant la Seconde Guerre mondiale nous est méconnue. Avec le roman illustré Mon petit frère de glace, Irène Cohen-Janca revient sur ce contexte au début de la guerre, pendant que les Nazis envahissaient l'Europe.
L'annexion de la Lettonie
L'histoire de la Seconde Guerre mondiale est abondamment documentée et abordée en littérature jeunesse. Mais que s'est-il passé, au même moment, dans d'autres pays d'Europe ?
Mon petit frère de glacedécrit le contexte en Lettonie, entre juin 1941 et le printemps 1942.
Complété par une double page "Autour de cette histoire", le roman raconte comment l'Armée rouge a envahi et annexé la Lettonie pendant que tous les regards étaient tournés vers l'Allemagne, la Belgique, la France... Ce tout petit pays s'est retrouvé seul et n'a rien pu faire face à l'agression russe menée par Lénine et Staline. Sur une année, au fil des saisons, Irène Cohen-Janca, par ses personnages, raconte les arrestations, la déportation, la séparation hommes-femmes et enfants, les kolkhozes...
L'annexion de la Lettonie, à hauteur d'enfant
Pour la rendre accessible aux jeunes lecteurs et lectrices, l'autrice a choisi comme narratrice la petite Nita, du haut de ses huit ans. Elle décrit avec beaucoup de sensibilité ce qu'elle vit, avec ses parents : d'abord les inquiétudes de sa mère, la décision de son père de ne pas fuir, l'arrestation, la déportation, l'arrivée au kolkhoze, la rencontre avec Ivan et sa mère, la pauvreté, le froid, la faim...
Le discours de Nita est empreint de bien trop de gravité pour son jeune âge. Elle est témoin de choses qu'elle n'aurait jamais dû voir. Aussi trouve-t-elle un réel réconfort auprès d'Ivan, qu'elle appelle très vite "son petit frère". C'est une belle amitié qui se noue et qui redonne de l'espoir dans ce quotidien si sombre.
Très touchant et magnifiquement illustré à l'aquarelle par Giulia Vetri, ce roman peut être lu dès la fin du niveau élémentaire.