Jeanne Ankor est élève de 3e. De nature très curieuse, tout sujet l'intéresse et elle peut passer des heures à l'approfondir.
Aussi, quand Mme Alvarez, sa professeure d'histoire-géographie, débute le cours sur la Seconde Guerre mondiale, Jeanne est bouleversée.
Elle décide alors de consacrer toute une semaine de recherches sur la Seconde Guerre mondiale, en se rendant à la médiathèque. Même son meilleur ami Sidoine se sent mis de côté. Pourtant, il sait qu'il doit laisser Jeanne aller au bout de sa démarche.
Citations "- Je sais qu'il y aurait tant de choses à dire sur les horreurs et la tristesse de la guerre. Je sais aussi que personne n'a les mots, que devant autant de malheurs, on est démuni. Mais vu la situation, et comme vous ne pouvez plus parler que très peu, comme vos mots sont en train de s'effacer, avant d'entrer dans le silence, si je dépose mon cœur devant vous, s'il vous plaît, qu'est-ce que vous y déposez ?" p. 130
L'avis d'Histoire d'en lire
Publié à l'occasion du 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, La Guerre de Jeanne est un roman d'une grande force sur l'importance et la nécessité du devoir de mémoire et de la transmission de génération en génération.
La Seconde Guerre mondiale auprès des générations du XXIe siècle Kochka a fait le choix d'inscrire le récit en plein XXIe siècle, à notre époque. Jeanne Ankor est son personnage principal, élève de 3e et curieuse de tout. Elle est la meilleure amie de Sidoine, avec qui elle partage tout.
Jeanne est une passionnée. Dès qu'elle est happée par un sujet, elle s'y dévoue entièrement.
Et le roman s'ouvre sur les premières lignes de la leçon d'Histoire consacrée à la Seconde Guerre mondiale. La professeure, Mme Alvarez, se pose tout de suite en fervente passeuse de mémoire pour sensibiliser ses élèves.
Jeanne s'infiltre dans cette porte ouverte sur un sujet dont elle ne sait rien.
Dès lors, nous allons suivre l'adolescente, prête à manquer les cours pendant une semaine pour se lancer dans de longues recherches documentaires à la médiathèque. Elle va devenir la porte-parole des victimes de la Seconde Guerre mondiale pour faire comprendre à ses camarades de classe, à quel point il est important de savoir et se souvenir de ce qu'il s'est passé.
Transmettre la mémoire de l'Histoire
On parle souvent du devoir de mémoire et nombreux sont les romans, notamment sur les conflits contemporains, à remplir avec justesse ce rôle. La Guerre de Jeanne vient questionner et expliquer cette notion fondamentale.
Les jeunes générations sauront s'emparer de l'histoire de leurs aïeux s'ils la comprennent et deviennent alors les nouveaux protecteurs de leur mémoire.
Mais pour transmettre, il faut d'abord s'imprégner du vécu de celles et ceux qui ont, ici, connu les atrocités de la Seconde Guerre mondiale.
Alors Jeanne se documente à la médiathèque et va pouvoir compter sur le soutien de la directrice et de Simon, un jeune assistant.
Et grâce à Simon, Jeanne va pouvoir converser avec Lucienne, la grand-mère du jeune homme. Lucienne a été l'épouse du fils aîné de François Caulet "mort pour la France", tué par les nazis le 6 juin 1944. Comme elle a transmis cette histoire à son petit-fils (le personnage de Simon est fictif mais le récit est lui, bien réel), elle accepte de répondre aux questions de Jeanne et de lui confier ses émotions. Jeanne en devient dépositaire et à son tour sera la passeuse lors d'un prochain cours d'Histoire avec Mme Alvarez.
Par des chapitres très courts, Kochka a imprimé un vrai dynamisme à ce roman qui se veut ainsi le plus accessible aux jeunes lecteurs et lectrices.
La Guerre de Jeanne vient magnifiquement, avec beaucoup de sensibilité, démontrer aux enfants que nous sommes tous et toutes des passeurs et passeuses de mémoire, des petits maillons essentiels dans la grande chaîne de l'Histoire de l'humanité.