Née à Bordeaux en 1822, Rosa Bonheur, l'aînée d'une fratrie de quatre enfants, se passionne très tôt pour les animaux. Elle grandit à proximité d'une ferme et n'est épanouie que lorsqu'elle est entourée de compagnons à poils ou à plumes.
Et petite déjà, Rosa affirme son caractère d'indépendance. Elle veut devenir artiste peintre comme son père Raymond. Mais elle veut être peintre animalière. Or, en plein XIXe siècle, les femmes n'ont pas leur place dans le milieu artistique.
C'est mal connaître Rosa Bonheur, bien décidée à vivre de sa passion et à défendre la cause animale.
Citations "Raymond s'est-il rappelé ses convictions de saint-simonien visant l'abolition des discriminations et l'égalité entre les hommes et les femmes ? A-t-il décidé de se racheter auprès de sa fille de la douleur qu'il a causée aux siens durant des années ? Elle ne retient qu'une chose : son rêve est enfin exaucé.
Rosa se consacre au dessin toute la journée. Le soir venu, son père se penche sur son travail. Sa critique est sévère, mais elle ne se décourage pas. Elle sait qu'il lui offre tous les outils pour progresser. Elle reprend ses copies le lendemain, puis le surlendemain. Peu à peu, Raymond s'adoucit, développe ses commentaires, dispense de nouveaux conseils. Une complicité inédite se noue entre le peintre et son élève. Rosa oublie son ressentiment envers son père. Sophie ne serait-elle pas heureuse de les voir réconciliés ?" p. 36
L'avis d'Histoire d'en lire
Catherine Cuenca, spécialiste du roman historique jeunesse, dresse ici le portrait d'une femme qui a marqué son époque et son milieu : Rosa Bonheur.
Une biographie séquencée
Comprendre la vie et le personnage qu'a été Rosa Bonheur, c'est retracer son destin et donc revenir à son enfance si déterminante.
Le roman Rosa Bonheur, peintre de la cause animale couvre la période entre avril 1828 (Rosa a 6 ans) et juillet 1900 (elle décède en mai 1889).
En 17 chapitres, précisant date et lieu, Catherine Cuance a saisi les moments les plus marquants de la vie de Rosa Bonheur : sa relation avec ses parents et ses frères et sœur, sa passion pour les animaux, son goût très tôt affirmé pour la peinture animalière, sa totale indépendance vis-à-vis du mariage, sa persévérance pour se faire une place dans un milieu masculin, son quotidien partagé avec une amie, ses succès nationaux et internationaux, la fin de sa carrière.
Des chapitres qui n'excèdent pas la dizaine de pages et qui vont ainsi à l'essentiel, tout en montrant les liens qui se tissent entre chaque élément.
Une femme peintre au XIXe siècle
En fin de livre, Catherine Cuenca cite une bibliographie sélective sur laquelle elle s'est appuyée pour écrire ce roman.
Rosa Bonheur a marqué son époque par son talent, d'une part, et sa persévérance, d'autre part. De biographie, ce livre devient un roman féministe et Catherine Cuenca choisit très souvent de mettre en avant des personnages féminins, célèbres ou anonymes. Par son caractère et sa détermination, Rosa s'est imposée dans un milieu qui était fermé aux femmes. Son talent de peintre lui a permis de se faire une place dans les plus grands salons et même de gagner des prix prestigieux. Allant même jusqu'à recevoir la Légion d'honneur des mains de l'impératrice Eugénie !
L'autrice cite bien sûr les œuvres les plus marquantes de Rosa Bonheur et certaines sont reproduites en miniatures en noir et blanc en fin de livre. Je ne peux que vous conseiller de les retrouver sur internet pour en admirer toute la finesse et le détail.
Et puis, être peintre animalière, ce n'est pas seulement peindre des animaux de toutes espèces, c'est aussi les défendre ! Et Catherine Cuenca restitue le combat mené par Rosa Bonheur, à travers ses tableaux bien sûr, mais aussi par ses actions. L'artiste peintre rejoint même la SPA (Société Protectrice des Animaux) créée en 1845.
Dans un format assez court, environ 170 pages, Catherine Cuenca nous offre un portrait juste, bien écrit, qui donne envie de découvrir l'œuvre de cette artiste incontournable du XIXe siècle.