Fin du XIXe siècle, aux États-Unis.
Homer et sa petite sœur Ada se sont enfuis de la plantation où ils étaient esclaves. Pourchassés par le contremaîtres et deux autres hommes de la plantation, ils parviennent à se cacher dans un marais où les trouvent Suleman. L'homme les conduit jusqu'à Freewater, un refuge créé dans les marais, à travers les arbres, par d'anciens esclaves.
Sauf qu'à Freewater, même s'ils sont très bien accueillis par ce "peuple des arbres", la liberté est toute relative, sans leur mère qui est restée à la plantation.
Citations "- Tu penses qu'il va revenir ?
- Il est bien obligé de revenir - où est-ce qu'il pourrait aller ?
- Peut-être qu'il va s'envoler de nouveau, a suggéré Ada.
- Je sais pas, mais je pense qu'on doit sortir de...
J'étais en train d'essayer de penser à un plan, quand Stockes a dit :
- On a votre maman, les gamins.
Ada m'a pris la main et l'a serrée jusqu'à ce que ses ongles s'enfoncent dans ma peau."
L'avis d'Histoire d'en lire
Écrivaine américaine, Amina Luqman-Dawson a imaginé l'histoire des Enfants de Freewater, en s'appuyant sur les travaux de recherche menés par les archéologues américains.
Le Grand Marais Lugubre
Même si Freewater n'a pas réellement existé, son univers est largement inspiré des témoignages et résultats de recherches archéologiques qui font état de communautés de "marrons" qui se sont bien installées dans un immense marais, le Grand Marais Lugubre, situé entre la Virginie et la Caroline du Nord
.
Amina Luqman-Dawson précise sa méthode de travail et ses sources, en fin de roman.
Tels Homer et Ada, de nombreux esclaves fuyant les plantations ont trouvé refuge dans ce marais et sont restés y vivre. Des enfants y sont nés. D'autres membres de la communauté provenaient de camps de travail.
Comme décrit dans le roman, la vie y était très bien organisée (alimentation, habitats, rituels...), toutes les précautions étaient prises pour rester cachés des chasseurs de "marrons" et la solidarité était un maître-mot.
Alors qu'ils s'imaginaient poursuivre plus au Nord des États-Unis, Homer et sa petite sœur Ada sont sauvés par Suleman qui les conduit à Freewater.
Un roman d'aventure
Le roman Les Enfants de Freewater repose donc une solide base historique mais Amina Luqman-Dawson en a fait également un très bon roman d'aventure.
Homer et Ada sont les personnages principaux, Homer est d'ailleurs le seul narrateur du roman à intervenir à la première personne.
L'autrice débute chaque chapitre en précisant le prénom de celui ou celle dont on adopte le point de vue : Homer, Nora, Anna, Sanzi...
Homer est donc le seul à pouvoir partager totalement ses émotions.
Lorsqu'il s'agit des autres personnages, la narration reste à la troisième personne et cela sert surtout à changer de point de vue pour mieux englober tout ce qu'il se passe, soit du côté de Freewater, soit sur la plantation.
Parce qu'Amina Luqman-Dawson a voulu qu'on garde un œil sur la plantation, même une fois Homer et Ada partis.
Et c'est entre ces allers et retours qu'elle tisse toute une aventure.
Homer et Ada ont pu fuir la plantation, mais ils laissent derrière eux leur maman et Anna, l'amie d'Homer. Un crève-cœur qui les empêche de profiter pleinement de leur nouvelle liberté.
Alors comment faire ? Leur maman réussira-t-elle à s'enfuir seule et à les retrouver dans ce lieu secret ?
Malgré quelques longueurs, j'ai trouvé ce roman bien construit et qui change de qu'on peut lire habituellement sur le sujet de l'esclavage aux États-Unis.
Amina Luqman-Dawson aborde un point qui nous était méconnu.